Le couvent des « Soeurs de la Chasteté » existait depuis plus de deux siècles et avait toujours fait la fierté de tous les évêques qui s'étaient succédés dans le diocèse. C'était l'exemplarité de la foi des religieuses, mais plus encore la fierté qu'elles avaient à revendiquer leur vertueuse chasteté qui en avait fait la gloire.
Pourtant, Monseigneur Lacrosse, évêque en titre du diocèse, se posait des questions sur l'évolution des mentalités parmi les nonnes. Depuis quelque temps, elles avaient l'air moins convaincues de la noblesse de leur état ; certaines semblaient même traîner leur désespoir dans les couloirs du couvent.
Si autrefois, un couvent était coupé du monde, ce n'était plus le cas aujourd'hui. La télévision était entrée dans le Saint-Lieu et ses pensionnaires se trouvaient bien involontairement confrontées à cette pénible banalisation de tout ce qui touchait au sexe. Et, face à des intrusions d'images de personnes dénudées, de scènes de flirt, voire parfois pire, ... le saint homme pensait que les nonnes commençaient à douter de la richesse de leur vie de chasteté, et ne réalisaient pas bien toutes les horreurs que la lubricité peut engendrer quand on ne la réprime pas autoritairement.
Monseigneur Lacrosse eut alors une idée géniale. Pour démontrer aux religieuses la grandeur de leur état et le bonheur suprême que devraient ressentir celles que le couvent protège des turpitudes luxurieuses, il imagina d'organiser une grande réunion pendant laquelle les soeurs entendraient divers pervers repentis raconter le récit de leurs propres abominations. Cela ne pourrait que leur faire apparaître la chasteté comme le plus somptueux refuge contre l'horreur du vice.
En un temps record, quelques semaines à peine, un échantillon d'épouvantables anciens pervers de tous poils fut sélectionné, lesquels acceptèrent de venir narrer leurs horribles méfaits passés. La réunion fut fixée au prochain dimanche, juste après la messe que l'évêque viendrait célébrer dans le couvent, et se tiendrait dans la chapelle même, seul lieu assez grand pour que tout le monde puisse y prendre place.
Le dimanche venu, les nonnes se montrèrent très motivées pour subir cette épreuve ; elle semblèrent même montrer des signes d'impatience pendant la messe qui précédait et beaucoup s'étaient bousculées pour avoir des places aux premiers rangs.
Et, dans un silence total, le spectacle commença : les divers pervers allaient se succéder devant l'autel, dans l'ordre croissant d'abomination ...
Pour commencer, on eut droit à des adeptes de la masturbation qui vinrent expliquer leurs diverses techniques. Ensuite, quelques couples hétéros mariés vinrent avouer ... ne pas s'être satisfait du « coïtus classicus » chrétien pour s'accoupler parfois dans des positions acrobatiques.
Vinrent ensuite divers « homos », couples d'hommes et couples de femmes, qui expliquèrent leurs pratiques étranges : sodomie, caresses buccales réciproques et même emploi d'accessoires de tailles gigantesques et surdimensionnées, ... dont ils présentèrent quelques invraisemblables modèles à l'assistance médusée.
Ce n'est qu'ensuite, après le passage de quelques couples de mélangistes, échangistes et partouzeurs divers, ... que l'évêque commença à se poser des questions. Il trouvait étrange que les anciens pervers montrent si peu de honte ou de regrets, qu'ils mettent tant d'enthousiasme à décrire leurs odieux péchés, accompagnant même parfois leur narration de traits d'humour ou d'un clin d'oeil ... Il en arriva soudain à se demander s'ils étaient vraiment des « repentis » ...
Toutefois, voyant que les religieuses écoutaient toujours ces témoignages luxurieux avec une grande attention, il reprit confiance et n'interrompit pas le débat ... malgré son désir d'être rassuré sur ce manque de repentance.
Mais quand un groupe mixte de zoophiles, assez fortement dénudés, monta sur la scène, accompagné par un âne ... qui exhibait une érection phénoménale ... Mgr Lacrosse comprit que le diable était entré dans les murs du couvent.
Il se leva pour arrêter la séance quand soudain l'incroyable se produisit ! Comme possédées du démon, les soeurs se levèrent en hurlant et se lancèrent dans une orgie insensée. Se dénudant totalement, elles commencèrent à se contorsionner, se caressant seules ou l'une l'autre, utilisant frénétiquement les monstrueux accessoires présentés plus tôt ; certaines, devant l'autel, se précipitèrent sur les zoophiles et sur l'âne ... qui en brayait de plaisir. Les plus audacieuses se jetèrent même sur l'évêque, lui déchirant ses vêtements en lui criant « Viens-là Monseigneur, qu'on s'occupe de ta crosse ».
L'orgie se déroulait dans un vacarme apocalyptique, où se mêlaient en une cacophonie infernale les râles des religieuses, les braiements de l'âne et les hurlements de douleur du prélat ... sauvagement violenté.
Plus de deux heures plus tard, effrayés par ce vacarme inhabituel, les voisins appelèrent la police et les pompiers. En arrivant sur place, ceux-ci découvrirent un spectacle hallucinant.
Partout des nonnes nues gisaient pantelantes, certaines avaient perdu connaissance, d'autres râlaient encore ; la mère supérieure hurlait de douleur, ne sachant se dégager du grand crucifix sur lequel elle s'était empalée ...
Epuisés par les assauts répétés des religieuses, l'âne était déjà mort ... et l'évêque l'était presque !
A la vue des secours, le prélat se releva quelque peu et, s'écria : « Le démon est entré dans le couvent ! , Brûlez-le ! , Brûlez tout ! », avant de s'effondrer et de rendre son dernier soupir.
Interloqués, les pompiers hésitèrent quelque peu, se concertèrent avec les policiers. Mais comme Monseigneur Lacrosse était un homme de grande réputation, ils se sentirent obligés d'obéir à son dernier ordre. Ils sortirent des lieux, en verrouillant toutes les portes, et boutèrent un feu d'enfer au bâtiment. Le couvent s'enflamma comme une torche, incinérant ainsi l'âne et l'évêque ... et brûlant, vifs et vives, les invités pervers qui avaient amené le démon en ces saints lieux ... et les religieuses pécheresses.
Pour ces dernières, il est à espérer que ce juste châtiment leur permettra d'éviter l'enfer. Sans doute était-ce le dernier souhait de Mgr Lacrosse ...
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